Le choix entre une HES et une université est moins une question de tempérament qu’une décision de carrière stratégique, où les diplômés HES trouvent souvent le chemin le plus rapide et le plus direct vers le succès.
- Les diplômés HES obtiennent souvent des salaires de départ plus élevés grâce à leur employabilité immédiate, ce qui représente un ROI direct pour les PME suisses.
- Le système de formation duale, avec la maturité professionnelle et l’admission « sur dossier », permet des parcours de carrière pratiques et flexibles, très appréciés sur le marché.
Recommandation : Analysez votre objectif de carrière. Si vous visez une carrière rapide, orientée vers la pratique avec des responsabilités de direction, la Haute École Spécialisée est souvent l’accélérateur le plus efficace.
La décision d’étudier dans une Haute École Spécialisée (HES) ou à l’université occupe de nombreux futurs étudiants. Souvent, la différence est réduite à une formule simple : l’université serait pour les théoriciens, la HES pour les praticiens. Pourtant, cette vision est trop limitée pour le marché du travail suisse. En tant que recruteur analysant quotidiennement les besoins des entreprises, je vois un schéma clair : les diplômés HES ne sont pas simplement un « autre type » d’universitaires – ils possèdent souvent un avantage structurel qui en fait le choix le plus attractif pour de nombreux employeurs, en particulier pour le pilier de l’économie suisse : les petites et moyennes entreprises (PME).
Bien entendu, les deux parcours de formation ont leur raison d’être et leur excellence. La profondeur théorique d’un diplôme universitaire, en particulier celui d’instituts de pointe comme l’ETH ou l’EPFL, est irremplaçable pour la recherche fondamentale et les rôles de R&D hautement spécialisés. Néanmoins, la réalité du recrutement montre que la question ne devrait pas être « Quel est le meilleur ? », mais « Qu’est-ce qui est souvent le plus adapté aux besoins spécifiques du marché suisse ? ». La réponse réside dans la productivité immédiate et la mentalité « plug-and-play » que favorisent les études en HES.
Cet article rompt avec la confrontation traditionnelle et analyse, du point de vue d’un recruteur, pourquoi la voie HES en Suisse est souvent un accélérateur de carrière direct. Nous examinerons les faits concrets – du salaire de départ à la flexibilité du système, en passant par la perception des groupes internationaux. L’objectif est de vous fournir une base de décision stratégique et fondée pour votre parcours de formation.
Afin d’éclairer cette décision stratégique, nous analyserons les facteurs clés étape par étape. L’aperçu suivant présente les thèmes que nous aborderons pour dresser un portrait complet des opportunités de carrière.
Table des matières : Analyse de l’avance de carrière des diplômés HES
- Un ingénieur HES gagne-t-il plus au début qu’un ingénieur universitaire ?
- Comment utiliser l’expérience professionnelle pour une admission sans examen « sur dossier » ?
- Le test d’endurance : comment concilier emploi (80 %) et études simultanément ?
- Quand le passage à l’université pour un Master en vaut-il la peine ?
- Pourquoi apprenez-vous auprès de CEO en HES plutôt qu’auprès d’assistants théoriques ?
- Comment la maturité professionnelle permet-elle l’accès à la HES sans perte de temps ?
- L’erreur de recrutement : pourquoi les talents de l’EPF ne regardent pas seulement le salaire
- Pourquoi des multinationales comme Google choisissent-elles la Suisse pour leurs centres de recherche ?
Un ingénieur HES gagne-t-il plus au début qu’un ingénieur universitaire ?
L’une des hypothèses les plus tenaces est qu’un diplôme universitaire mène toujours, à long terme, à un salaire plus élevé. Pourtant, lors de l’entrée dans la vie active, le tableau est souvent différent. Les diplômés HES, en particulier dans les disciplines techniques, commencent souvent avec un salaire très compétitif, voire supérieur. La raison en est simple : leur employabilité immédiate. Une entreprise qui embauche un ingénieur HES investit dans une force de travail capable de réaliser des projets dès le premier jour et qui connaît déjà les processus opérationnels grâce aux stages ou à une activité professionnelle parallèle aux études.
Les chiffres confirment cette tendance de manière frappante. Alors que le salaire médian suisse se situe autour de 81’456 CHF, une étude approfondie montre que le salaire annuel brut médian pour les diplômés HES est de 112’852 CHF. Cette différence notable reflète la grande valeur que le marché accorde à la formation orientée vers la pratique. L’entrée est particulièrement lucrative pour les ingénieurs de gestion qui, selon Swiss Engineering, pouvaient déjà compter sur des salaires annuels avoisinant 107’500 CHF en 2022.
Le secteur d’activité joue ici un rôle décisif. L’aperçu suivant, basé sur les données de l’étude salariale HES, montre dans quels secteurs les diplômés HES obtiennent les salaires les plus élevés et illustre les disparités sectorielles.
| Secteur | Salaire médian diplômés HES (CHF/an) | Particularité |
|---|---|---|
| Pharma / Chimie | Salaires les plus élevés | Salaire d’entrée le plus haut |
| Finance / Assurances | 117’000 | Secteur dans le Top 2 |
| Art / Culture / Divertissement | 77’600 | Salaire médian le plus bas |
| Économie (Économistes) | Supérieur à la moyenne | Plus élevé dans presque tous les secteurs |
Ces chiffres montrent clairement qu’un diplôme HES n’est pas un désavantage financier. Au contraire, dans les bons secteurs, c’est un ticket pour une rémunération supérieure à la moyenne dès le départ. Le retour sur investissement pour les entreprises est immédiatement perceptible, ce qui se traduit directement dans l’offre salariale.
Comment utiliser l’expérience professionnelle pour une admission sans examen « sur dossier » ?
L’un des plus grands avantages du système de formation suisse est sa perméabilité. Vous n’avez pas besoin d’une maturité gymnasiale pour entreprendre des études académiques. L’admission « sur dossier » est une voie établie pour les professionnels expérimentés souhaitant se qualifier pour un Bachelor dans une Haute École Spécialisée. Cette voie valorise explicitement les compétences acquises dans la pratique et les reconnaît comme équivalentes à un certificat de maturité scolaire.
Ce processus est idéal pour les personnes de plus de 27 ans possédant une formation professionnelle achevée et une expérience professionnelle qualifiée. Au lieu de passer des examens sur des connaissances théoriques, vous constituez un portfolio qui documente votre aptitude aux études et vos compétences techniques. Ce portfolio est votre chance de présenter de manière structurée votre évolution professionnelle, vos projets et les compétences acquises.

Comme l’illustre l’image, l’admission « sur dossier » est un chemin où vos jalons professionnels pavent la voie vers le diplôme académique. C’est la reconnaissance que le savoir précieux ne s’acquiert pas seulement dans les amphithéâtres, mais aussi dans les projets, la direction d’équipe et la résolution de problèmes réels. Une procédure réussie vous ouvre la porte d’un Bachelor sans avoir à « rattraper » du temps dans une école gymnasiale.
Votre plan pour l’admission « sur dossier »
- Vérifier l’âge minimum : Vous devez avoir atteint l’âge de 27 ans lors de l’inscription à la procédure.
- Rassembler les preuves : Réunissez les documents de votre formation achevée d’au moins trois ans au niveau secondaire II (ex : CFC).
- Documenter l’expérience professionnelle : Justifiez d’au moins trois ans d’expérience qualifiée (équivalent à 300 %), pouvant être répartis sur un maximum de huit ans.
- Créer le portfolio : Élaborez un portfolio convaincant qui démontre votre aptitude aux études et vos compétences équivalentes au niveau de la maturité.
- Réussir l’entretien de compétences : Préparez-vous à l’entretien de compétences qui validera définitivement votre aptitude (sessions généralement en juin et novembre).
Cette voie est une affirmation forte de la valeur accordée à l’expérience professionnelle et fait de la Haute École Spécialisée une option réaliste et attractive pour les professionnels ambitieux qui planifient leur prochaine étape de carrière.
Le test d’endurance : comment concilier emploi (80 %) et études simultanément ?
Des études en emploi dans une Haute École Spécialisée ne sont pas une promenade de santé. Elles exigent de la discipline, une excellente gestion du temps et le soutien de l’employeur et de la famille. Néanmoins, c’est pour beaucoup la voie royale pour lier immédiatement théorie et pratique. La question n’est pas seulement de savoir si l’on peut y arriver, mais comment s’organiser intelligemment pour en profiter au maximum. De nombreux cursus HES sont explicitement conçus pour les actifs avec un taux d’occupation allant jusqu’à 80 %, avec des cours par blocs ou des cours du soir et du samedi.
Le plus grand avantage de cette double charge est le transfert continu de connaissances. Vous apprenez un nouveau concept de gestion de projet le vendredi en cours et vous pouvez l’appliquer directement le lundi au travail. Cette application immédiate consolide non seulement les acquis, mais vous rend également extrêmement précieux pour votre employeur. Vous devenez un moteur d’innovation interne. De nombreuses entreprises suisses soutiennent activement cela par des modèles de temps de travail flexibles comme l’horaire annuel, afin d’absorber les pics de charge pendant les périodes d’examens.
La perspective des responsables RH sur cet engagement est claire. Un candidat qui a réussi ses études en emploi prouve non seulement sa compétence technique, mais aussi sa résistance au stress, son engagement et son talent d’organisation – autant de « soft skills » hautement appréciées. Le temps d’adaptation plus court est un avantage concret souvent cité.
Un diplômé HES est productif en trois semaines, un diplômé universitaire nécessite six mois d’investissement.
– Responsable RH suisse, expérience en recrutement PME
Cette affirmation issue du terrain peut sembler provocante, mais elle touche au cœur du sujet : les entreprises économisent un temps et des ressources précieuses en embauchant des diplômés HES. L’investissement dans la formation initiale est moindre, le ROI du recrutement intervient plus rapidement. Des études en emploi sont donc non seulement un test d’endurance, mais aussi un puissant label de carrière.
Quand le passage à l’université pour un Master en vaut-il la peine ?
Choisir un Bachelor HES ne signifie nullement la fin du parcours académique. Le système de formation suisse est délibérément conçu pour être perméable. Le passage à une université ou à une école polytechnique comme l’ETH pour un Master est non seulement possible, mais peut s’avérer être un coup de poker stratégique dans certains cas. Ce « profil hybride » – un Bachelor HES pratique combiné à un Master universitaire approfondissant la théorie – est hautement estimé dans l’industrie suisse.
De tels profils sont prédestinés aux fonctions de transition. Dans l’industrie, ils peuvent par exemple combler le fossé entre la recherche et développement (R&D) pure et le développement de produits orienté marché ou le management. Ils comprennent les deux « langues » – celle de la recherche fondamentale académique et celle de la mise en œuvre pratique en entreprise. Toutefois, le passage n’est pas toujours automatique. Les hautes écoles décident de l’admission de manière autonome, et des prestations complémentaires ou une candidature « sur dossier » sont souvent requises pour les Masters spécialisés.
La question cruciale est de savoir si l’effort supplémentaire en vaut la peine. Cela dépend entièrement de votre objectif de carrière. Un Master universitaire n’est pas nécessaire, ni même avantageux, pour toutes les trajectoires. Le tableau suivant donne une orientation sur la pertinence de chaque voie.
| Objectif de carrière | Voie recommandée | Justification |
|---|---|---|
| Recherche fondamentale (ex : chez Roche) | Bachelor HES → Master Uni → PhD | La combinaison de pratique et théorie est recherchée. |
| Carrière académique / Professorat | Master universitaire direct recommandé | Le droit de doctorat appartient principalement aux universités. |
| Modélisation financière quantitative | Bachelor HES → Master EPF/Uni | Un approfondissement théorique poussé est ici indispensable. |
| Management dans une PME | Bachelor HES généralement suffisant | L’orientation pratique et l’expérience priment ici. |
Un Master universitaire n’est donc pas une « mise à niveau » générale, mais une spécialisation pour certains parcours de carrière. Pour une carrière de management dans une PME suisse typique, la formation théorique supplémentaire peut être moins pertinente que des années d’expérience pratique supplémentaire.
Pourquoi apprenez-vous auprès de CEO en HES plutôt qu’auprès d’assistants théoriques ?
Une différence essentielle entre les Hautes Écoles Spécialisées et les universités réside dans le profil des enseignants. Alors qu’à l’université, la carrière académique centrée sur la recherche et les publications prime, les HES mettent l’accent sur des enseignants possédant une vaste et actuelle expérience pratique. Il n’est pas rare que des cours sur la gestion d’entreprise soient dispensés par un ancien CEO, le module marketing par une directrice d’agence active ou le cours sur les marchés financiers par un banquier d’affaires.
Cette approche a des répercussions profondes sur la qualité et la pertinence de l’enseignement. Vous n’apprenez pas seulement la théorie des manuels, mais aussi comment cette théorie est appliquée, adaptée ou parfois ignorée dans le monde réel des affaires. Les enseignants apportent des études de cas issues de leur propre carrière, discutent des développements actuels du marché et peuvent donner des aperçus précieux sur les règles non écrites d’un secteur. Ce savoir vaut de l’or et ne se trouve dans aucun script.

L’atmosphère d’apprentissage, telle qu’illustrée par l’image, est souvent plus interactive et axée sur le dialogue. Il s’agit moins d’une transmission pure de connaissances que du développement de compétences en résolution de problèmes. Le contact direct avec la pratique conduit également les diplômés HES à assumer plus rapidement des fonctions de direction. Ils ont été confrontés aux défis du management dès leurs études. Une étude montre de manière impressionnante que près de 60 % de tous les diplômés HES occupent une fonction de cadre, bien que plus de 70 % d’entre eux aient moins de 40 ans. Cela souligne l’effet d’accélérateur de carrière vers des postes de direction.
L’apprentissage auprès de praticiens expérimentés forge un esprit d’entreprise et vous prépare directement à assumer des responsabilités. Vous développez non seulement des connaissances, mais aussi un réseau professionnel qui pourra vous ouvrir des portes après l’obtention de votre diplôme.
Comment la maturité professionnelle permet-elle l’accès à la HES sans perte de temps ?
Le système de formation duale est l’une des grandes forces de la Suisse et la maturité professionnelle en est la pièce maîtresse. C’est la voie royale qui relie harmonieusement une formation professionnelle à des études académiques, sans passer par le « détour » d’un gymnase. Ce chemin est non seulement efficace, mais il offre aussi un avantage financier et d’expérience décisif par rapport à la voie purement scolaire vers les hautes écoles.
La maturité professionnelle peut être obtenue soit pendant l’apprentissage (MP1), soit après, à plein temps ou à temps partiel (MP2). Avec ce diplôme en poche, en particulier avec l’orientation « Économie et services », l’accès direct et sans examen aux filières HES correspondantes vous est ouvert. Contrairement aux gymnasiens qui doivent souvent justifier d’un stage d’un an pour acquérir l’expérience pratique nécessaire à des études HES, les titulaires d’une maturité professionnelle peuvent commencer directement. Ils ne perdent pas de temps.
Le parcours de l’apprentissage au Bachelor HES est un modèle intégré qui combine dès le départ l’expérience professionnelle et la formation académique :
- Apprentissage avec CFC : Vous effectuez un apprentissage de 3 à 4 ans et obtenez un certificat fédéral de capacité.
- Obtention de la maturité professionnelle : Parallèlement ou après l’apprentissage, vous obtenez la maturité professionnelle.
- Admission directe en HES : Muni de votre diplôme, vous vous inscrivez directement en Haute École Spécialisée.
- Début des études de Bachelor : Vous commencez sans année de stage supplémentaire et apportez déjà votre expérience professionnelle.
- Diplôme avec double compétence : Après 3-4 ans, vous détenez un titre de Bachelor et disposez d’une combinaison unique de plusieurs années d’expérience professionnelle et de connaissances académiques.
Cette voie est également attractive financièrement. Vous gagnez déjà un salaire pendant l’apprentissage et pouvez entrer plus tôt dans la vie professionnelle pleinement rémunérée. Même lors de l’entrée dans la vie active après les études, le salaire est attractif. Par exemple, les ingénieurs HES peuvent déjà compter sur un salaire annuel brut d’environ 78’182 CHF selon les données de Lohnanalyse.de. La voie via la maturité professionnelle est donc une décision économiquement et stratégiquement judicieuse.
L’erreur de recrutement : pourquoi les talents de l’EPF ne regardent pas seulement le salaire
En tant que recruteur, je vois souvent des entreprises commettre une erreur cruciale lors du recrutement : elles cherchent le « meilleur » diplômé au lieu de chercher le « plus adapté ». Un talent exceptionnel de l’EPF avec un diplôme en physique théorique est sans aucun doute brillant, mais pour la direction d’un projet d’implémentation dans une PME, il pourrait être le mauvais choix. Ici, il n’est pas question de meilleur ou de moins bon, mais de complémentarité plutôt que de concurrence.
La force du système suisse des hautes écoles réside précisément dans cette diversité. Les entreprises qui l’ont compris recrutent de manière plus stratégique et réussie. Alors que les diplômés des universités techniques (EPF) brillent dans les départements de R&D des grands groupes grâce à leur formation scientifique approfondie, les PME apprécient les qualités de « réalisateur » des diplômés HES. Elles ont besoin de talents capables d’appliquer les technologies existantes, d’optimiser les processus et de mener les projets à terme – ce qu’on appelle le « dernier kilomètre » de l’innovation.
Une stratégie de recrutement intelligente s’aligne donc sur le profil spécifique du poste :
- Pour les départements de recherche et développement : Ici, les diplômés d’EPF et d’universités, versés dans la théorie, sont souvent le premier choix. Leur capacité à résoudre des problèmes complexes et abstraits est la clé.
- Pour la gestion de projet et l’implémentation : Dans ces rôles, les diplômés HES, proches du terrain et orientés vers les solutions, sont idéaux. Ils concrétisent les idées et atteignent les objectifs.
- Pour les fonctions d’interface : Ici, les « profils hybrides » déjà mentionnés (Bachelor HES + Master Uni) sont particulièrement précieux, car ils comprennent les deux mondes.
De plus, les meilleurs talents, quelle que soit leur haute école, ne regardent plus seulement le salaire. Des facteurs tels qu’une activité porteuse de sens, les opportunités de développement et la culture d’entreprise sont souvent décisifs. Un diplômé de l’EPF peut être plus heureux dans une PME agile où il peut rapidement prendre des responsabilités que dans la hiérarchie rigide d’un grand groupe. Les entreprises qui ne jurent que par le nom de l’école passent souvent à côté de la motivation et de l’adéquation du candidat – et donc des meilleurs talents.
L’essentiel en bref
- Le choix entre HES et université est une décision stratégique façonnée par les besoins du marché du travail suisse.
- Les diplômés HES offrent souvent un ROI immédiat grâce à leur proximité avec la pratique, ce qui se reflète dans des salaires d’entrée élevés et une ascension rapide vers des fonctions de cadre.
- Le système dual avec maturité professionnelle et admission « sur dossier » crée des parcours de carrière flexibles et précieux qui constituent la force de l’écosystème de talents suisse.
Pourquoi des multinationales comme Google choisissent-elles la Suisse pour leurs centres de recherche ?
La Suisse est l’un des sites les plus innovants au monde et attire régulièrement les centres de recherche et développement de géants technologiques mondiaux comme Google, IBM ou Oracle. Ce n’est pas un hasard. L’un des avantages compétitifs décisifs est l’unique écosystème de talents suisse, nourri par le paysage universitaire dual composé d’universités et de hautes écoles spécialisées.
Les groupes internationaux ont besoin d’une large palette de talents pour leur processus d’innovation. Ils ont besoin des brillants chercheurs fondamentaux de l’ETH et de l’EPFL pour imaginer la prochaine révolution technologique. Mais ils ont tout autant besoin d’ingénieurs et de spécialistes orientés vers l’application issus des HES pour transformer ces idées en produits et services commercialisables. C’est cette symbiose entre théorie et pratique sur un espace restreint qui rend le site suisse si attractif.
Les hautes écoles spécialisées y jouent un rôle central qui dépasse largement la simple formation. Leurs enseignants ont souvent quatre missions fondamentales : formation initiale, formation continue, recherche appliquée et développement, et prestations de services pour l’économie. Ce lien étroit entre enseignement et transfert de connaissances crée un flux d’innovation continu. Les entreprises peuvent accéder à un pool de talents diversifié, offrant les profils adaptés à toutes les phases du cycle d’innovation – du chercheur au gestionnaire de projet, en passant par le développeur.
La proximité géographique, comme dans la région de Zurich avec l’ETH et des HES fortes comme la ZHAW, renforce cet effet. Il en résulte un « cluster » où circulent savoir et talents. Une multinationale en Suisse n’achète donc pas seulement des avantages fiscaux ou une qualité de vie élevée, mais surtout l’accès à cet écosystème parfaitement équilibré de main-d’œuvre hautement qualifiée. Les HES en sont un pilier indispensable, garantissant la force d’exécution et donc la compétitivité de l’ensemble du pays.
Votre choix d’études est la première étape dans cet écosystème. Pour prendre la décision qui vous convient, une analyse honnête de vos forces et de vos objectifs est indispensable. Un conseil en orientation professionnelle peut vous aider à poser les bons jalons.
Questions fréquemment posées sur le choix entre HES et Université
Puis-je réussir des études HES avec un taux d’activité professionnelle de 80 % ?
Oui, absolument. De nombreux programmes de Bachelor et de Master en HES sont spécialement conçus pour les professionnels. Ils proposent des modèles d’études flexibles avec des cours le soir, le week-end ou par blocs, adaptés à un taux d’activité allant jusqu’à 80 %. Cela demande une bonne organisation, mais c’est une voie éprouvée et très courante.
Quel soutien les employeurs suisses offrent-ils pour des études en emploi ?
De nombreuses entreprises suisses, en particulier les PME, considèrent la formation continue de leurs collaborateurs comme un investissement d’avenir. Elles soutiennent activement des études HES en emploi, par exemple via des modèles de temps de travail flexibles comme l’horaire annuel, qui permet de travailler davantage pendant les périodes calmes pour avoir plus de temps libre pour les examens. Certaines participent même aux frais de scolarité si les études présentent un bénéfice direct pour l’entreprise.